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Histoire de l'uniforme de la Gendarmerie nationale

L'histoire de l'uniforme de la Gendarmerie nationale est indissociable de l'histoire de France. Depuis les cavaliers de la Maréchaussée royale jusqu'aux gendarmes modernes, la tenue a évolué pour s'adapter aux nécessités militaires et aux missions de sécurité publique.

Les origines : La Maréchaussée royale et la Révolution

L'histoire commence véritablement avec la Maréchaussée royale. En 1720, un édit de Colbert unifie et réorganise cette force, lui donnant un rôle de police à l'échelle du royaume. L'uniforme de cette époque se caractérise par des couleurs distinctives : un habit bleu roi, des parements rouges, et des boutons marqués aux armes du roi. Les cavaliers portent un tricorne, caractéristique du XVIIIe siècle, et sont armés du sabre et du mousqueton.

Cavalier de la Maréchaussée royale ou de la Gendarmerie Révolutionnaire de 1791
Cavalier de la Maréchaussée royale (fin XVIIIe) ou de la Gendarmerie Révolutionnaire (1791) en tenue d'époque avec son cheval.

À la suite de la Révolution française, l'Assemblée Constituante dissout la Maréchaussée et crée la Gendarmerie Nationale en 1791. L'uniforme conserve le fond bleu, couleur de la nation, mais adopte de nouveaux ornements. Le tricorne est progressivement remplacé par le célèbre bicorne en feutre noir, orné de la cocarde tricolore. Le gendarme devient une figure militaire respectée. Son rôle héroïque lors de la bataille d'Hondschoote en 1793 lui vaut l'inscription de ce nom sur les drapeaux de l'institution.

Du Second Empire à la Troisième République : Le prestige de l'uniforme

Au XIXe siècle, sous le Premier et le Second Empire, puis sous la Troisième République, l'uniforme du gendarme connaît son âge d'or. La tenue de tradition s'ancre dans l'imaginaire collectif. La coiffure emblématique est le bicorne porté en bataille (parallèle aux épaules) puis en colonne.

Gendarme du Second Empire ou de la 3ème République vers 1870 avec bicorne
Gendarme de la Troisième République (vers 1870) portant le célèbre bicorne et la grande tenue bleue.

L'uniforme se compose d'une tunique bleu foncé avec des retroussis rouges, un pantalon bleu à bande noire, et des boutons en métal blanc frappés de la grenade. Des attributs distinctifs, comme les aiguillettes blanches sur l'épaule gauche (symbole de la force publique), font leur apparition et perdurent jusqu'à nos jours. C'est l'époque de la "gendarmerie à cheval" et de la "gendarmerie à pied", chacune ayant des spécificités techniques, notamment au niveau du harnachement et des éperons pour les cavaliers.

La Première Guerre mondiale : L'adaptation au combat

En 1914, lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale, les gendarmes sont déployés sur le front comme troupe combattante et comme police militaire (la Prévôté). Face aux réalités de la guerre moderne, la tenue bleue traditionnelle à l'arrière devient la tenue "bleu horizon" sur le front.

Gendarme de la Première Guerre mondiale en 1914 en tenue de campagne
Gendarme de la Première Guerre mondiale (1914) en tenue de campagne bleu horizon et casque Adrian.

Le bicorne, peu pratique et trop visible dans les tranchées, est remplacé par le képi recouvert d'un manchon, puis par le casque Adrian, arborant une grenade enflammée à l'avant. La tenue se modernise : veste-vareuse, bandes molletières, et équipement en cuir (brelage, cartouchières) pour les munitions du fusil Lebel ou du mousqueton Berthier. Cette période marque la transition définitive vers des uniformes plus fonctionnels.

De l'après-guerre à nos jours : Du képi à la casquette

Après la Seconde Guerre mondiale, le képi devient la coiffure standard de service, ancrant l'identité visuelle de la Gendarmerie. Le bleu clair de la chemise (le fameux "bleu gendarme") et le pantalon bleu foncé à passepoil noir deviennent la norme. Plus tard, pour des raisons de confort et d'opérationnalité, le calot est introduit pour les missions courantes.

Au début des années 2000, la Gendarmerie opère une révolution vestimentaire en remplaçant la chemise par un polo technique, et le calot/képi de service courant par une casquette souple. Toutefois, le képi reste conservé pour la tenue de cérémonie, tout comme l'emblématique bicorne qui est encore porté par la Garde républicaine de nos jours. Les couleurs et ornements traditionnels (la grenade, les galons argentés pour la départementale ou dorés pour la mobile) perpétuent le riche héritage de plus de trois siècles d'histoire.



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