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Héritière directe de la Maréchaussée de l'Ancien Régime, la Gendarmerie a traversé les siècles. Son uniforme, symbole d'autorité et de proximité, a connu de profondes mutations tout en conservant son identité historique : le "Bleu Gendarme".
Sous l'Ancien Régime, les cavaliers de la Maréchaussée portaient un habit bleu royal, distinctif des troupes de la Maison du Roi. À la Révolution française (en 1791), la Maréchaussée devient la Gendarmerie Nationale.
L'uniforme conserve la couleur dominante bleue, mais se pare des couleurs de la nouvelle république : l'habit est bleu, avec des parements rouges et blancs. Les gendarmes de l'époque étaient coiffés d'un imposant bicorne en feutre noir, orné d'une cocarde tricolore, qui imposait le respect dans les campagnes.
Au milieu du XIXe siècle (sous le Second Empire), le bicorne devenu trop encombrant cède progressivement la place au képi. Initialement conçu pour les troupes d'Afrique (le taconnet), le képi gendarme se standardise : de couleur bleu foncé, il est surmonté d'un bandeau noir pour la gendarmerie départementale (ou doré pour la gendarmerie mobile), et frappé de la fameuse grenade à huit branches enflammées.
L'insigne universel du gendarme est la grenade de l'élite de l'infanterie. Elle est brodée ou agrafée sur les coiffes et les épaulettes. Autrefois en fil d'or ou d'argent, elle souligne l'appartenance à une arme militaire fière de ses racines. Le système de galons blancs ou jaunes permet de différencier les corps (départementale, mobile, républicaine).
Pendant tout le 20ème siècle, le gendarme patrouille en chemise bleu clair, cravate noire et képi rigide. Bien que très élégante, cette tenue montre ses limites lors des interventions physiques ou des courses-poursuites.
En 2006, la Gendarmerie vit une véritable révolution vestimentaire : la tenue de service courant (TSC) est entièrement repensée par des designers. Le képi rigide est remplacé pour le quotidien par une casquette souple ou un calot, la chemise fait place à un polo technique bleu clair plus respirant, et la veste de costume est troquée contre une veste polaire ou "softshell".
Aujourd'hui, l'uniforme du gendarme allie tradition et haute technicité. Si la tenue d'intervention est moderne (gilet tactique, polo, pantalon d'intervention multi-poches), la tenue de cérémonie (T1) préserve scrupuleusement l'héritage d'antan : vareuse bleu nuit, pantalon à passepoil (bande de tissu le long de la jambe), boutons dorés à la grenade et bien évidemment, l'emblématique Képi traditionnel !
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