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S'il est un couvre-chef emblématique du paysage militaire et institutionnel français, c'est incontestablement le képi. Coiffe réglementaire portée aussi bien par les généraux que par les soldats du rang, la Gendarmerie, les Sapeurs-Pompiers ou les Douanes, le képi est une invention française du XIXe siècle née sous le soleil d'Afrique du Nord.
Au début du XIXe siècle, les armées napoléoniennes et de la Restauration portent en campagne le shako, un cône de cuir et de drap haut, lourd et rigide. Très élégant lors des parades, le shako s'avère particulièrement inconfortable lors des longues marches et sous le climat brûlant de l'Afrique du Nord, où la France s'engage à partir de 1830.
Pour pallier cette lourdeur, les soldats de la Chasse d'Afrique et de la Légion découpent et raccourcissent la carcasse de leur bonnet de police, y ajoutant une visière en cuir souple pour se protéger du soleil. Cette coiffe artisanale adopte une forme tronconique inclinée vers l'avant, rapidement baptisée la « casquette d'Afrique » ou casquette à la Bugeaud (du nom du Maréchal Bugeaud). Le mot « képi » dérive directement du suisse-allemand Käppi (petite casquette).
Devant le succès immense de cette coiffe auprès des troupes, l'administration militaire l'officialise par le règlement de 1852 sous le Second Empire de Napoléon III. Le képi devient la coiffure de service courant de toute l'infanterie française.
Lors de la guerre franco-prussienne de 1870, le képi rouge garance à calotte bleue devient la coiffe universelle du soldat français. Après la défaite de 1870, la Troisième République conserve le képi comme symbole du patriotisme et de l'esprit de revanche de l'armée française.
En août 1914, au déclenchement de la Grande Guerre, les soldats français montent au front vêtu du célèbre képi rouge garance. Dans les premiers mois du conflit, la couleur voyante du képi transforme les combattants en cibles faciles pour les mitrailleuses ennemies.
Dès le début de l'année 1915, des housses de toile bleu horizon ou camouflées (couvre-képis) sont distribuées en urgence pour masquer la couleur garance, avant l'introduction massive du casque en acier Adrian à la fin de l'année 1915 pour protéger les têtes des éclats d'obus dans les tranchées. Le képi quitte alors le champ de bataille tactique pour devenir la coiffe de service de l'arrière et de cérémonie.
Chaque corps et administration française possède un képi répondant à des codes héraldiques et réglementaires stricts :
Même si les unités opérationnelles modernes privilégient les casquettes souples, les calots ou les casques tactiques pour des raisons d'ergonomie et de confort, le képi demeure le symbole incontesté de l'autorité, du respect et du prestige de l'État en France lors des prises d'armes, cérémonies et défilés officiels du 14 juillet.
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